Ce dimanche 11 janvier 2026 se tiennent les élections couplées législatives et communales qui constituent la première partie des premières élections générales qu’organise le Bénin. En dépit de toutes les dispositions qui pourraient être prises pour la bonne tenue du vote, il faut garder à l’esprit que la désinformation peut s’inviter à la table comme un trouble-fête.

  • Badona vous propose une liste de 05 types de désinformation auxquels vous devez faire attention pour ne pas vous faire avoir.

 

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Entendue comme “toutes les formes possibles de fausses informations, d’informations incorrectes ou trompeuses délibérément créées et/ou diffusées dans le but d'influencer des opinions ou des comportements, de gagner de l'argent ou de nuire à la société, en provoquant de la polarisation ou en sapant la démocratie”, la désinformation est l’une des menaces contre les processus électoraux à travers le monde. 

 

En période électorale, notamment le jour des scrutins, la désinformation présente diverses facettes qu’il convient de savoir reconnaître pour mieux s’en prémunir. 



1- Les fausses alertes d’incidents

 

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Illustration (source : freepik)

Souvent sources de vives polémiques mais aussi d’intérêt auprès du grand public et donc pouvant être utilisées pour attirer de l’audience sur les réseaux sociaux, les fausses alertes d’incidents sont une recette miracle en matière de désinformation. 



Cette catégorie de désinformation se nourrit généralement d’images manipulées ou sorties de leurs contextes. Lors des dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire, des vérificateurs ont démasqué plusieurs contenus de ce type. C’est le cas d’une fausse alerte d’incendie de 03 Bureaux de vote à Yopougon. Les images présentées par le compte Maimouna Camara, très actif sur Facebook et X, dans la soirée du 24 octobre 2025 proviennent du Cameroun et d’Afrique du Sud (voir ici). 

 

Plus qu’un put-à-clics, ce type de désinformation pourrait bien semer la peur dans le rang des électeurs ou agiter le spectre d’une hostilité envers le déroulement du scrutin. Aussi, cela pourrait avoir pour conséquence d’inciter à des actes de vandalisme ou de violences électorales.



2- Des fausses informations attribuées à des médias sérieux ou à des personnalités

 

 

Pour tromper la vigilance du public, les auteurs de désinformation rivalisent d’ingéniosité. Une des techniques récurrentes est l’usurpation de l’identité de médias ou personnalités crédibles.  Attention donc, à ces publications qui ressemblent à des infos de médias crédibles ou dont la signature leur est attribuée. 

 

En texte, photos, audio ou vidéos, ces publications falsifiées partent parfois de vraies informations qu’elles déforment à d’autres fins (voir ici). D’autres prennent des formes de faux sites d’information avec des noms et identités visuelles semblables aux médias imités. Il y a également les faux communiqués qui alimentent les initiatives de désinformation en période électorale et particulièrement les jours de scrutins.



En mars 2025, Anne-Cécile Robert, journaliste et directrice adjointe du mensuel français Le Monde diplomatique a réagi à des publications faisant croire que son média aurait révélé une ingérence française dans les élections au Cameroun et en Côte d’Ivoire (voir ici). "Je vous confirme que deux faux articles, présentés faussement comme issus du Monde diplomatique, circulent sur des boucles WhatsApp en Afrique”, a-t-elle à l’AFP à ce sujet. 

 

Face à ce type de désinformation, il faut aller à la source en consultant les médias cités et d’autres médias de bonne réputation.



3- Rumeurs de fraude ou de défaillances techniques 

 

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Illustration (source : freepik)

Des morts qui votent, des bulletins pré-estampillés, des membres de bureaux de vote accusés de truquage et bien d’autres dénonciations fusent de toute part les jours de scrutin. Autant ces dénonciations peuvent être vraies, autant elles peuvent être fabriquées de toute pièce. 

 

Il est à noter que les acteurs de désinformation exploitent ces rumeurs pour saper la confiance dans le processus, créer de la méfiance envers les institutions et pousser certains électeurs à ne pas voter ou à contester les résultats sans fondement.

 

Il y a lieu de ne pas se contenter de dénonciation venant d’une seule source, de procéder à des vérifications à propos de la source, de s’assurer que d’autres sources sérieuses donnent la même information avec des détails variés.



4- Les faux résultats

 

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Illustration (source : freepik)

A leur du dépouillement, la bataille des chiffres fait le lit à la désinformation. La manœuvre consiste généralement à partager des résultats non officiels, des données d’élections antérieures comme si c’était les résultats du jour même.

 

Ces initiatives servent à attaquer la fiabilité du vote ou à provoquer des contestations de résultats officiels.

 

Il faut noter que la publication des résultats est un processus qui commence avec le dépouillement public mais également, l’affichage par poste de vote et la centralisation.  Le processus fait intervenir des acteurs gouvernementaux, des représentants de formations politiques et des organisations de la société civile en qualité d’observateurs électoraux.



5- Des déclarations calomnieuses ciblant des candidats

 

Pour ce qui est des candidats aux élections, ils ne sont pas épargnés des manœuvres de désinformation qui surgissent les jours de scrutins. Des fausses déclarations à leur faire porter, de faux militants qui s’illustrent dans des actes répréhensibles ou de faux soutiens de personnalités réputées en faveur d’un candidat sont des tendances à surveiller. 

 

En 2019, les vérificateurs d’Africa Check ont démenti  un cas de faux soutien faisant croire que  l'ancien président Olusegun Obasanjo aurait apporté sa bénédiction à la candidature à la réélection du président Muhammadu Buhari. 

 

Les bons réflexes à avoir

 

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Illustration (source : freepik)

Il est bien possible de déjouer les plans des auteurs de manœuvres de désinformation. Cela nécessite d’avoir quelques réflexes.  

 

A la lecture d’une information, vous pouvez vous poser ces quelques questions :   

Qui est l'auteur ?  Est-il crédible ? 

Quand le message ou le texte a-t-il été écrit et diffusé ?   

Sur quelles sources l'auteur s'appuie-t-il ? Est-il crédible ?  

Dans quel but le texte ou le message a-t-il été écrit ?   

Puis-je trouver les mêmes informations dans d'autres sources ?   

Le texte a-t-il une forme particulière ?  

Le texte est-il truffé de fautes d'orthographe, de points d'exclamation ou de majuscules ?  

Le titre est-il très exagéré ou trompeur ?  

 

S’il s’agit d’une photo ou une vidéo, il faut également se poser des questions essentielles : 

Qui est l'auteur ?   Est-il crédible ? 

La photo ou la vidéo diffusée est-elle actuelle ? 

La photo ou la vidéo correspond-elle au message qui l’accompagne?  

La même scène est-elle filmée par d’autres personnes sous d’autres angles?

Puis-je trouver les mêmes informations dans d'autres sources ?   

Le titre est-il très exagéré ou trompeur ? 

 

En dehors de ces questions, vous avez la possibilité de faire la recherche d’image inversée sur google et d’autres moteurs  en cliquant sur l’icône d’appareil photo qui s’affiche dans l’angle droit des barres de recherche.

 

Surtout, référez-vous aux médias sérieux et n’hésitez pas à contacter Badona pour vous aider dans la vérification.

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