Les périodes électorales sont des moments propices où la désinformation, les rumeurs et les discours de haine occupent une place considérable. L'objectif des auteurs, s’attaquer à l’intégrité de l’information pour manipuler les électeurs, semer la confusion, décrédibiliser le processus électoral et mettre en mal la stabilité du pays. A la veille du scrutin du 12 avril 2026, Badona revient sur les principales formes de désinformation observées lors des élections présidentielles.
1-Les deepfakes
Les deepfakes sont des images, enregistrements audios ou vidéos manipulés créés grâce à l’Intelligence artificielle (IA). Les audios ou vidéos générés imitent parfois la voix, le visage et les gestes d’une personne. Pour atteindre cet objectif, l’IA se sert d’une image, vidéo ou audio existant, qu’elle falsifie. En période électorale, les deepfakes se révèlent un outil puissant pour provoquer des bouleversements importants. Selon McAfee, une structure spécialisée dans la protection en ligne, « Ces manipulations hyperréalistes de contenus audiovisuels peuvent créer de fausses perceptions, susciter des controverses, voire déstabiliser des processus électoraux. Les implications sont profondes et touchent non seulement des politiques, mais aussi des paysages politiques entiers ». Docteur en sciences de l'information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France à Université Gustave Eiffel, Fabrice Lollia souligne que les deepfakes « peuvent ainsi créer un scandale contre un candidat, amplifier des clivages ethniques ou religieux et semer la confusion ».
2- Les discours de haine et de violence
Les périodes électorales connaissent des discours de haine ou discours de dénigrement et de violence. Ces discours sont prononcés dans l’opinion pour discréditer une personnalité publique ou soutien de personnalité publique. Lancé en 2018 par l’Organisation internationale de la francophonie (CFI) en partenariat avec trois autorités membres du Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM), le guide contre les discours de haine conçu par l'expert international Jean-François Furnémont énumère six discours de haine dans les médias notamment radio et télévision. Il s’agit d'accusations d'apostasie, incitation à la violence, discours discriminatoire contre des minorités, discours discriminatoire contre les femmes, la diffamation, les insultes et injures.
3- Images, vidéos, audios ou déclarations sorties de leurs contextes
La diffusion d’images, audios et vidéos hors contexte constitue une forme de désinformation observée pendant les périodes électorales. La pratique consiste à publier sur les réseaux sociaux un audio antérieur à la période électorale ou même actuelle en lui assignant toute autre intention ou en lui donnant une autre connotation. Ce faisant, l’image, l’audio ou la vidéo authentique d’un candidat ou personnalité publique est détournée à des fins politiques. L'objectif est peut-être de nuire à l’auteur de l’image, l’audio ou la vidéo, manipuler l’opinion publique au profit d’un camp politique.
4- Faux résultats et sondages
Les périodes électorales sont sujettes de la diffusion de faux sondages sur les réseaux sociaux qui font croire qu’un candidat est potentiellement à même de battre un autre. Les rumeurs massives de dysfonctionnements sont répandues dans l’opinion pour contester les résultats des urnes. Il est également observé de faux résultats sortis des urnes. Plusieurs publications du genre ont fait l’objet de déconstruction dans les législatives du 11 janvier 2026 (voir ici et ici).
5- La désinformation genrée
Si la désinformation électorale vise souvent à saboter l'intégrité d’un processus électoral, la désinformation genrée a pour but d’attaquer la vie privée, l’apparence ou la compétence laissant de côté le programme politique d’une femme. Elle affecte la crédibilité, la légitimité, perpétue des stéréotypes et des préjugés sexistes en renforçant les disparités entre les deux sexes. La désinformation genrée compromet fondamentalement l’égalité de participation à la vie démocratique et réduit l’espace dont disposent les femmes pour s’impliquer dans la vie publique, ce qui nuit à l’équité et à la représentativité des institutions démocratiques.
6- FIMI, la grande menace béninoise
Les élections au Bénin se tiennent dans un contexte de tension diplomatique entre le pays et deux de ses voisins, le Burkina et le Niger membres de l’Alliance Etats du Sahel (AES). Ce contexte d’hostilité est favorable à une forme de désinformation communément désignée sous le sigle FIMI et animée par des acteurs étrangers. Il s’agit de la manipulation et l’ingérence étrangères de l’information (FIMI). Depuis la tentative de Coup d’État déjoué, Badona a pu observer que le Bénin fait face à la désinformation amplifiée depuis les pays de l’AES (voir ici). A l’orée de la présidentielle 2026, le constat persiste et appelle à une plus grande vigilance des consommateurs de l’information sur les plateformes numériques, notamment les réseaux sociaux.
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